À l’issue du cycle 3, l’élève doit avoir acquis les bases de la lecture et de la représentation de cartes. Pourtant, il y a une chose que les nouveaux programmes ne détaillent pas vraiment (et pourtant, ils sont d’une très, TROP grande précision !) : la progression des compétences cartographiques à acquérir. La liste des connaissances et des attendus, elle, est largement étayée.

Or, en géographie, certaines compétences sont indispensables pour accéder à la compréhension des connaissances associées : savoir se repérer, lire une carte, mettre en relation un espace réel avec sa représentation, localiser un élément…

Une fois n’est pas coutume, je ne vous proposerai donc pas de document à télécharger. Ce sera à vous de le créer ! Mais je vous propose une idée de séance très simple, à répéter plusieurs fois dans l’année, pour permettre aux élèves d’acquérir progressivement ces compétences en leur donnant du sens.

Partir d’un trajet réellement vécu

Il s’agit ici d’apprendre à se repérer sur une carte.

Pour cela, j’utilise un itinéraire que la classe effectue réellement et régulièrement. L’idéal est d’ailleurs de reproduire cette activité au cours de l’année en variant les trajets et, si possible, les modes de déplacement.

Pour cette première séance, j’utilise le trajet que nous effectuons en bus pour aller à la piscine. Nous faisons ce trajet neuf fois et nous voici dans la dernière semaine du cycle.

Tout au long de nos déplacements, j’ai attiré l’attention des élèves sur le paysage en leur faisant régulièrement identifier des points remarquables.

Pour que l’activité prenne tout son sens, je la propose alors qu’il nous reste encore deux trajets à effectuer.

Créer le support

La mise en place est très simple.

Je me rends sur Google My Maps, qui me permet de tracer notre itinéraire.

J’extrais ensuite la carte créée en PDF, puis j’utilise l’outil Capture d’écran de l’ordinateur (les fameux petits ciseaux) pour récupérer uniquement la partie qui m’intéresse.

Je colle (numériquement …) cette carte sur une feuille blanche, personnellement en A3, même si le format A4 peut tout à fait suffire, puis je lui donne un titre.

Sous la carte, je dispose cinq ou six photographies d’éléments remarquables rencontrés pendant le trajet. Chaque photographie est numérotée.

La consigne est très simple :

Reporter le numéro de chaque élément remarquable à l’endroit où il se situe sur le trajet.

Quelles compétences sont travaillées ?

Cette petite activité permet de développer plusieurs compétences, de manière transversale :

  • Se repérer dans l’espace et construire des repères géographiques ;
  • lire et utiliser une représentation de l’espace proche ;
  • mettre en relation l’espace vécu et sa représentation cartographique ;
  • prélever des informations dans différents types de documents ;
  • utiliser des repères spatiaux pour localiser un lieu ;
  • comprendre un document géographique ;
  • mais aussi raisonner et justifier ses choix, lors de la mise en commun.

On retrouve ici plusieurs des grandes compétences travaillées en histoire-géographie au cycle 3, notamment « Se repérer dans l’espace : construire des repères géographiques », « Comprendre un document » ou encore « Raisonner, justifier une démarche et les choix effectués ».

Et c’est là que cela devient intéressant…

Au retour du premier trajet, les élèves mettent leurs cartes en commun et doivent justifier le placement de leurs différents points.

Lorsqu’on réalise cette activité pour la première fois dans l’année, les réponses peuvent être pour le moins… inattendues !

Les enfants ont finalement assez peu de repères spatiaux.

C’est là que la séance devient particulièrement intéressante.

Il faut faire verbaliser les élèves, notamment ceux qui sont les plus perdus, et commencer par localiser avec eux des éléments qu’ils connaissent réellement.

Parce qu’on découvre alors quelque chose d’essentiel :

Nos éléments remarquables à nous ne sont pas forcément les leurs !

Ce bâtiment que nous pensions impossible à manquer ? Ils ne l’ont jamais regardé.

Ce pont que nous pensions parfaitement identifiable ? Pour eux, c’est juste « un pont ».

À l’inverse, ils peuvent avoir mémorisé un magasin, une sculpture, un rond-point ou un élément du paysage auquel nous n’aurions accordé aucune importance.

Et c’est précisément tout l’intérêt de partir de leur espace vécu pour aller progressivement vers sa représentation.

Un deuxième trajet pour corriger sa représentation

Lors du trajet suivant, les élèves savent exactement ce qu’ils doivent observer.

Ils reprennent ensuite leur carte et ont la possibilité de barrer un repère numéroté pour le repositionner ailleurs.

L’erreur n’est donc pas simplement corrigée par l’enseignant : le nouvel aller-retour entre carte → espace réel → carte permet à l’élève de modifier lui-même sa représentation.

Et c’est bien cette répétition que je trouve intéressante : il ne s’agit pas simplement de réussir une fiche, mais de construire progressivement une véritable compétence de repérage.

Je vous propose ci-dessous un exemple de mon support. La carte et certains éléments ont volontairement été anonymisés via ChatGPT afin que la ville ne puisse pas être identifiée.

Se repérer sur une carte

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