Une méthode intuitive que j’utilisais déjà enfant

Quand j’étais petite, je me posais naturellement certaines questions pour comprendre le fonctionnement des phrases : « Qui fait l’action ? À qui ? Quoi ? » — bref, j’observais les mots dans leur rôle, dans leur place, bien plus que dans leur nature.
Des années plus tard, en poursuivant mes études, j’ai découvert que cette manière d’aborder la langue avait un nom : la méthode Wilmet. Elle m’a parlé immédiatement, car elle correspondait à ce que je faisais sans le savoir.

MarcWilmet – Une biographie rapide

Marc (que je veux furieusement appelé Jean … Il faudra me pardonner si vous voyez ce prénom au long de ces lignes) Wilmet (1938–2018) était un linguiste belge, professeur et chercheur, passionné par la grammaire française. Il est l’auteur de la célèbre Grammaire critique du français (1970), un ouvrage de référence qui a profondément renouvelé l’approche grammaticale. J’ai alors réalisé que lorsque notre instituteur nous explicitait cette méthode, il était plutôt novateur !
Plutôt que de s’en tenir à des règles figées, Wilmet observait comment la langue fonctionne vraiment : pour lui, un mot prend son sens grammatical dans le contexte, en fonction de sa place et de son rôle dans la phrase.

Une citation fondatrice

« Un mot n’a pas de fonction par nature, mais par la place qu’il occupe dans la phrase. »
Marc Wilmet, Grammaire critique du français, 1970

Pourquoi je préfère cette approche

La méthode Wilmet valorise la compréhension profonde du fonctionnement de la langue.
Plutôt que d’apprendre des listes de règles, les élèves apprennent à observer, à analyser, à poser des questions logiques :

  • Qui fait l’action ?
  • Sur quoi ou sur qui ?
  • Est-ce qu’on a affaire à un mot qui subit l’action ou qui la fait ?

Cela donne du sens aux règles, notamment pour les accords complexes comme ceux du participe passé. Et en plus, ça développe l’esprit critique.

Exemple concret avec une BD maison : accorder le participe passé

Voici une BD pédagogique que j’ai créée pour expliquer l’accord du participe passé aux élèves de CM2, à travers un exemple simple.
Même si on ne se départit pas de l’apprentissage des compléments d’objet, on peut, en parallèle, accorder correctement les participes passés.

Bien évidemment, comme toute méthode, et malgré l’emploi de ce mot dans ma mini BD, elle n’est pas « magique ». Il y a des écueils et des exceptions. N’oublions pas que nous parlons de la langue française !

Si je reprends l’exemple trouvé dans Wikipedia, voici un cas où cela ne fonctionne pas à 100% :

Mais, je l’ai mangée, cette tarte !

Même si le pronom est bien antéposé, les enfants auront tendance à regarder le mot « tarte » uniquement. Il faut donc, comme pour chaque méthode, l’utiliser avec le recul et la réflexion nécessaire.

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